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 Mon journal » Sur la conscience des animaux

| Back to Mes réflexions Written on 14-May-2008 by Espero

J'aimerai ici citer l'exemple d'une femelle chimpanzée née en 1965 en Afrique et morte en 2007 aux États-Unis et à laquelle ont a donné le nom de Washoe. Des scientifique de l’Université Centrale de Washington ont tenté de lui apprendre la langue des signes américaine et ont dans une certaine mesure réussi puisqu'ils sont parvenu à lui enseigner environ 250 gestes. L'intelligence et les capacités de communication de Washoe ont ainsi été considérablement développé. En 1970, Washoe a eu un bébé mais il mourut dans les semaines qui suivirent. Quand les éducateurs lui retirèrent son bébé des bras, Washoe signa et signa encore pour qu’on le lui rende. Elle semblait manifester un grand désarroi. Des exemples analogues ont pu être observé chez les éléphants. Ceux-ci manifestent fréquemment une certaine fascination pour leur morts, triturant souvent les morceaux d'os d'éléphants décédés qu'ils trouvent et se réunissant autour de leurs cadavres.

Les éléphants, les dauphins, les chimpanzés et quelques autres primates sont avec l'être humain, les rares espèces animales à réussir le test du miroir du psychologue américain Gordon Gallup. Le test, qui est un moyen de mesurer la conscience de soi, consiste à marquer d’une tache le front d’un animal en un point qu’il ne peut voir directement puis à lui présenter un miroir. Si l'animal réagit en se déplaçant pour mieux observer la tache ou bien en tentant de la toucher, il démontre qu’il a reconnu son image et donc qu’il a, dans une certaine mesure, conscience de lui-même.

L'objet de ces exemples n'est pas de montrer que les animaux sont dotés d'une conscience analogue à celle de l'homme. Entre la conscience du chimpanzé ou de l'éléphant et celle de l'être humain, il y a assurément plus qu'une simple différence de degré. La conscience embryonnaire manifestée dans les exemples précédents n'est ni générale, ni systématique. Cependant, ce qu'il est intéressant de remarquer ici, c'est le parallèle qui existe entre le fait que ces animaux soient dotés d'une conscience primaire et leur réaction face à la mort de leur proche. Comme si en quelque sorte la perception douloureuse de la mort soit une conséquence du développement de la conscience. A partir du moment où je suis conscient de moi-même et du monde, je vis la mort comme un événement anormal, tragique et douloureux.

C'est peut être bien ce cheminement qui s'est produit au cours de l'évolution de l'homme. L'apparition des premiers rites funéraires, qui constituent une réaction nécessaire à l'intégration de la mort, est un des critère retenu pour définir le passage de l'animalité à l'humanité. S'il est possible qu’Homo heidelbergensis, l'un des ancêtres probables de l'Homme de Néandertal, ait adopté un comportement particulier vis-à-vis de ses morts, les premières véritables sépultures connues sont néandertaliennes. Les plus anciennes datent d'environ -100 000 ans et ont été mises au jour au Proche-Orient. Il est possible d'en observer en France notamment sur les sites de la Chapelle-aux-Saints, la Ferrassie, la Quina, le Moustier et Saint-Césaire.

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