In Memoriam
It is with great sadness that we report the death of Francine Bogart Aigrain AB'45, Past President and active member in club affairs for many years. Francine is survived by sons Yves and Jacques and daughter Mireille, 12 grandchildren and 1 greatgrandchild.
Francine's late husband, Pierre Aigrain (1924-2002), elected Membre de l'Académie des sciences, section Physique, was Professeur émérite à l'université Denis Diderot and Ancien Secrétaire d'État à la Recherche. Pierre spoke on several occasions for the Club and both Francine and Pierre participated in many club events.
Francine Aigrain had a tremendous impact on the Harvard Club of France in many ways, not the least of which its gender balance. The Club, created before WW I, was a men's club up until the 1960s, when women were integrated. It was Francine who initiated a Radcliffe circle in Paris in the 1960's acquainted as she was with Edwina Morgulis Racine AB'32 (Mme. Pierre Racine) and other Radcliffe graduates. Meetings were held in her own home, the five or six participants after a time realized they were not numerous enough to support real club activities. Francine lobbied with club president Albert Ross and the women joined the men. Francine became Secretary for the club, contributed enormously to its growth and development, and became its first woman president (1976-1982). Francine was a dynamic leader, doubling membership (hand-typing 900 envelopes) and enhancing the club program with speaker and cultural events.
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The following article was published in Le Point magazine on Jan 15, 2009.
HFSF beneficiaries Anne-Laure de Chammard and Simon Lapeyry had the opportunity to share with the journalist their experience of Harvard Campus.
Spécial États-Unis - Harvard, la fabrique des as
Depuis presque quatre siècles, la célèbre université de la côte est fournit des élites à l'Amérique et au monde entier.
De notre envoyée spéciale Hélène Vissière
Ces jours-ci, ça n'arrête pas. La doyenne de la faculté de droit de Harvard, Elena Kagan, vient d'être nommée à un poste juridique clé dans l'administration Obama. Quelques jours plus tôt, John Holdren, professeur d'environnement, était promu conseiller scientifique. Larry Summers, professeur à la Kennedy School, l'école d'administration, va diriger le Conseil économique national... Et la liste ne cesse de s'allonger. « Harvard alimente toute nouvelle administration. Mais, cette fois-ci, on va probablement perdre beaucoup d'éminents enseignants, peut-être plus que sous l'administration Clinton », estime Robert Stavins, professeur à la Kennedy School.
Ce n'est pas pour rien que Havard, la plus ancienne des universités américaines (fondée en 1636), est aussi considérée comme la plus prestigieuse. Depuis presque quatre siècles, la vénérable institution avec ses bâtiments de brique rouge, dans la banlieue de Boston, attire la crème des enseignants du monde entier : 43 prix Nobel, autant de Pulitzer...
Et l'annuaire des anciens élèves a des allures de Bottin mondain : Leonard Bernstein, Al Gore, John Updike, l'actrice Natalie Portman, Mark Zuckerberg, qui, de sa turne, a créé le site Facebook... Sans oublier huit présidents américains, à commencer par Barack Obama et son épouse, tous deux diplômés de la faculté de droit. « Mes camarades de cours ont tous des parcours incroyables. Il y a une harpiste professionnelle, la fille du leader palestinien... A côté, j'ai l'impression d'avoir une vie terne », raconte Anne-Laure de Chammard, une jolie Française de 25 ans, X-Ponts, qui suit des cours de chant au conservatoire et un master en administration publique. Car Harvard fabrique aussi l'élite mondiale. 47 % des étudiants de la Kennedy School sont étrangers. « C'est ici que beaucoup de futurs leaders se rencontrent et tissent des relations personnelles », explique David Ellwood, le doyen.
Si une telle concentration de neurones au mètre carré est possible, c'est que la sélection est impitoyable aussi bien pour rentrer au collège, une formation généraliste de quatre ans après le bac, que pour accéder aux dix graduate schools, la faculté de droit, de médecine... L'an dernier, le collège a accepté 1 650 étudiants sur 27 000 dossiers de candidature : un candidat sur 16.
Centre du monde
Et tous ne sont pas de riches héritiers. Certes, les frais de scolarité sont vertigineux, 47 215 dollars pour une année de collège, internat compris. Mais Harvard accorde des bourses à plus de la moitié de ses étudiants. Et ceux issus de familles aux revenus inférieurs à 60 000 dollars, soit un cinquième des élèves du collège, sont quasi exemptés de frais de scolarité.
Harvard offre des conditions de travail à faire pâlir d'envie un président d'université française. Un professeur pour 7,5 élèves à la Kennedy School, 16 millions de livres dans les multiples bibliothèques, de grosses allocations de recherche pour les profs... Sans parler d'une douzaine de musées, d'une vingtaine de troupes de danse, d'une quarantaine de groupes de musique et des équipements sportifs haut de gamme.
« Ici, on a l'impression d'être au centre du monde. Dans la même semaine, j'ai assisté aux conférences de trois prix Nobel et du grand chef espagnol Ferran Adria », commente Simon Lapeyry, un centralien de 23 ans en master de mathématiques appliquées. « La qualité des cours et le niveau des élèves sont équivalents à Centrale. Mais il n'y a pas les mêmes moyens », résume-t-il. Il n'y a qu'à voir la bibliothèque de la business school, avec son dallage en marbre, ses canapés en cuir et son appariteur à plumeau qui range votre chaise dès que vous vous levez. Quant à la luxueuse cafèt' de la fac de droit où Obama mangeait des carottes râpées il y a vingt ans, rien à voir avec un restau U parisien.
« C'est un rêve d'enseigner ici, reconnaît Robert Stavins, spécialiste d'environnement. Les ressources de cette université sont presque sans limites, on est gâté. Mais le plus grand plaisir, ce sont les étudiants, les meilleurs du monde. »
Les frais de scolarité de cette université privée qui compte 20 000 étudiants ne couvrent qu'environ 20 % de son budget de fonctionnement. Et, pourtant, elle est riche à milliards grâce à son endowment, une dotation en capital, qui atteignait en juin 36,9 milliards de dollars, plus que le budget de l'Enseignement supérieur et de la Recherche en France. Ce trésor de guerre accumulé depuis des décennies provient d'abord de la générosité de donateurs, la plupart d'anciens élèves. Mais aussi des plus-values réalisées par les 200 employés de la Harvard Management Company, une entité discrète qui fait fructifier ce pactole investi en actions, immobilier, devises... Sur les cinq dernières années, cette machine à fric a affiché un extraordinaire rendement annuel moyen de 17,6 %.
Harvard est passé maître dans l'art de dorloter ses 300 000 « anciens », devenus pour certains milliardaires. Voyages, sorties à l'Opéra et surtout anniversaires de promotion qui se planifient un an à l'avance. Plus de 600 employés s'occupent du réseau des anciens élèves et de la collecte de fonds, qui s'est élevée l'an dernier à 651 millions de dollars.
Mais la plus riche des universités américaines souffre de la crise. A la fin octobre, son endowment avait perdu 8 milliards de dollars, soit 22 % de sa valeur, et devrait décliner d'au moins 30 % sur l'année. Les dons sont aussi en baisse. Du coup, certains départements ont annoncé des coupes budgétaires de 10 à 15 %. Qu'on se rassure. « Même avec tout l'argent qu'il a perdu, Harvard en a toujours plus que n'importe quel collège dans le monde », remarque Scott Jaschik, rédacteur en chef de la revue Inside Higher Ed. Des problèmes de riches...
Des Français à Harvard
On compte en France quelque 2 500 anciens élèves de Harvard, la moitié diplômés de la business school . Parmi eux, Pierre Gadonneix, PDG d'EDF, Alain Mérieux, le président de Biomérieux, le député Pierre Lellouche, l'éditrice Odile Jacob... Le club de la business school organise régulièrement des rencontres avec des personnalités : Nicolas Sarkozy, François Copé, le patron d'Essilor y ont participé... Le Harvard Club de France, lui, a organisé récemment une visite de la Fondation Cartier-Bresson avec des conservateurs des musées de Harvard. Les clubs offrent aussi des bourses à des étudiants français qui souhaitent s'inscrire à Harvard. Cette année, 84 Français suivent des cours sur le campus
H. V.
On Nov 12, 2008, Harvard graduate William Christie, a star of the classical music world, was elected at the Académie des Beaux-Arts for the seat previously occupied by the mime artist Marcel Marceau.
The distinguished author of "ArtScience" and inventor of innovative and affordable vaccine delivery systems, Harvard Professor David Edwards, received last month the "Chevalier des Arts & Lettres" decoration, a most prestigious award granted by the French Ministry of Culture.
On May 22, 2008, Gérard Regnier, aka. Jean Clair, former Fellow at the Harvard Fogg Museum and Boursier Sachs, was elected to the most prestigious Académie Française.
Here is a article from Le Figaro :
Jean Clair, le provocateur
Sébastien Lapaque
07/08/2008Sébastien Lapaque brosse le portrait d'une personnalité iconoclaste de la vie intellectuelle.
L'élection de Jean Clair à l'Académie française, où il prendra place au fauteuil de Bertrand Poirot-Delpech, aura renforcé dans leur mépris ceux qui le regardent comme un traître à la cause. Nourri au lait de la psychanalyse et des avant-gardes, ancien directeur du Musée Picasso, organisateur d'expositions génératrices de flatteuses files d'attente (« Vienne, l'Apocalypse joyeuse » à Beaubourg en 1986, « L'âme au corps » au Grand Palais en 1993, « La Mélancolie, génie et folie en Occident » au Grand Palais en 2005), l'auteur du Journal atrabilaire s'est attaché avec méthode à saboter la réputation avantageuse dont il jouissait parmi les mandarins de l'art contemporain, revendiquant effrontément le « beau nom de conservateur » et le « fier nom de réactionnaire ». Cela fait trente ans que ça dure, trente longues années de controverses autour de la création contemporaine et de provocations qui n'ont cessé d'exaspérer les suppôts du dadaïsme d'État et les pompiers subventionnés. On ne compte plus les tribunes rédigées par les Longues Figures de l'art up to date contre Jean Clair, ni l'encre gaspillée pour le dénoncer comme poujadiste. Cette performance doit être saluée.
Au commencement, il y a l'un des conservateurs des musées de France les plus doués de sa génération, ancien élève d'André Chastel et de Jean Grenier à la Sorbonne, auteur à 22 ans d'un premier roman, intitulé Les Chemins détournés, publié chez Gallimard, reçu à 26 ans à un concours public auquel il s'était présenté sur la recommandation de l'académicien André Chamson : « Si vous voulez écrire, ne devenez pas professeur, mais songez à devenir conservateur de musée, cela laisse des loisirs. » Né à Paris en octobre 1940 d'un père socialiste aux racines paysannes et d'une mère fervente catholique, gamin des faubourgs et boursier de la République, brièvement passé dans les rangs de l'Union des étudiants communistes (UEC), Jean Clair n'a jamais entendu ce mot de loisirs au sens moderne. Ayant gagné les moyens de sa liberté, il s'est employé à défendre et à illustrer son sens le plus ancien, sans se soucier de ceux qui l'accusent de dérive « droitière ». Dans un siècle voué à la tyrannie du negotium, cet historien de l'art distingué s'est consacré au loisir studieux et au plaisir aristocratique de déplaire. On ne s'étonnera pas d'apprendre qu'une horde de détracteurs est accrochée à ses basques : dans notre temps où tout se détruit et tout se perd, un esprit doué de style et d'érudition est sommé de s'en excuser comme d'une incorrection.
Des excuses, Jean Clair n'en fera pas dans son discours de réception à l'Académie française. Mais on peut s'attendre à un joli morceau de bravoure contre ceux qui lui contestent la liberté de parole qu'il s'est octroyée après avoir quitté la revue Chroniques de l'art vivant en 1975. Un départ que ses calomniateurs évoquent comme une désertion. Tournée la page de ses années avant-gardistes, Jean Clair est devenu le grand accusateur de la modernité picturale et d'une « prolifération formaliste » dont l'horizon est le néant et le vide. Entre chacun des catalogues qui ont rythmé sa vie de conservateur, ses essais ont été lancés comme des missiles sur le quartier général du nihilisme contemporain : Considérations sur l'état des beaux-arts (Gallimard, 1983), La Responsabilité de l'artiste : les avant-gardes entre terreur et raison (Gallimard, 1997), Du surréalisme considéré dans ses rapports au totalitarisme et aux tables tournantes (Mille et Une Nuits, 2003), sans oublier son Journal atrabilaire (Gallimard, 2006), publié peu après son départ du Musée Picasso pour transformer sa retraite en contre-offensive.
Cette charge contre l'inanité de notre présent esthétique et politique prouve que Jean Clair n'est pas le pédant obscurantiste qu'on dit. « Enfant de pauvres », comme il l'écrit, il sait ce qu'est une culture populaire et ne la confond pas avec la culture de masse. Insensible à la religion du futur, il est terrifié par la fuite en avant à laquelle nous condamne le culte de la nouveauté. « On ne fait plus que dilapider sans vergogne les richesses du passé. On tire des traites, sans compter, sur un héritage qui nous a été confié, sans pouvoir ni l'accroître ni même le sauver. » Cet homme en colère contre l'inculture et la vénalité de ses contemporains n'a rien d'un iconoclaste. Pour peu qu'on lise ses travaux avec attention, on découvrira chez Jean Clair une théorie de la valeur qui invite l'intelligence à ordonner de manière verticale les œuvres de création que reçoivent l'œil et l'oreille.