En fait,
l'information circulait,
un peu partout depuis
un certain temps, y compris dans les
fameuses chaînes par mail (on voit ici l'objectif de la rhétorique visant à discréditer la valeur de ce qui circule via internet, non ?). La plupart de mes proches n'étant pas au courant, je pensais donc la chose très
souterraine, alors que non (ah, les joies de l'induction).
La quantité de marques potentiellement coupables d'avoir écoulé en toute connaissance de l'huile de tournesol alimentaire parfumée aux hydrocarbures sur le marché, avec le concours des autorités européennes et nationales, est ahurissante. Il semble de plus que les risques sur la santé des plus jeunes aient été un peu pris à la légère. My god.
Tout ceci pourrait leur exploser à la figure. Il suffirait qu'un ou plusieurs consommateurs soient disons, indisposés, des enfants par exemple et au hasard. En la matière, ce n'est pas la véracité des effets nocifs de l'huile frelatée sur la santé qui compte, mais la croyance dans une telle possibilité. On nagera alors en plein irrationnel. Bonne chance. ;)
En tout cas cette affaire fera son entrée fracassante dans mes cours dès la rentrée, chapitres "Ethique" et "Mauvaise gouvernance : études de cas". On va bien se marrer avec les étudiants, c'est certain. Déjà, pour moi, trentenaire, ce genre de comportement est préhistorique, alors pour des moins de 25 ans nés un peu partout sur la planète ...
Mauvaise gouvernance, on est loin du compte d'ailleurs.
Quand un discours marketing est basé sur la santé et le bien-être alimentaire, les écarts entre "talk the walk" et "walk the talk" sont susceptibles d'avoir des effets décapants.
Je ne sais pas à quoi pensaient les différents dirigeants qui ont répondu
oui à la question fermée "
Est-ce que, moi, je prends la décision de commercialiser en tant que produit comestible des hydrocarbures (de l'huile de bagnole quoi) ?", mais quelle que soit la partie prenante considérée, c'est catastrophique, il y a et aura destruction de valeur. Par exemple :
- pour le consommateur, la confiance n'est plus de mise. Effet garanti durable sur les ventes ;
- pour le salarié, une telle décision menace son emploi (durablement moins de ventes = licenciements) ;
- pour l'actionnaire, moins de dividendes à court, moyen et long terme ;
- pour une boîte de com responsable, un client potentiellement nuisible à sa réputation, et ingérable ;
- pour un assureur, euh, les boules ;
- etc.
Les seuls qui pourraient se réjouir seraient principalement la concurrence, pourvu qu'ils aient les fesses propres.
De plus, le discours des marques, dans les grandes lignes, consiste à expliquer que le low cost, la contrefaçon, etc., c'est de la daube, et que tout ce qui n'est pas cher est louche. Vraiment tout faux les gars.
Evidemment, tu peux toujours tenter ta chance en ouvrant un blog, alors que tu n'as aucune expérience en la matière, ou que ta culture (ton habitus, devrais-je dire) n'est pas très horizontal. Si c'est une boîte de com qui te l'a conseillé, quitte la. Si c'est toi, va voir une bonne agence de com (mais ne te trompe pas ...), ou viens me voir (quoi ?).
Je ne considère pas la stratégie de l'appel au boycott comme pertinente (en plus je déteste que l'on me dise quoi faire). D'abord parce qu'elle déclenche une rhétorique défensive (encore) efficace. Ensuite parce qu'il est bien plus difficile et cher d'essayer de contrôler des milliers de décision différemment motivées. Ce n'est pas parce que l'on n'appelle pas au boycott explicitement que les ventes ne chutent pas, au contraire. Consomm'acteur, médite bien ce paragraphe. :)
J'évite un peu scrupuleusement le sujet depuis le
billet précédent, mais bon : qui, en France, avait autorité pour forcer les marques à retirer les produits des gondoles (plusieurs réponses possibles). Aux USA, il y aurait de la démission dans l'air. Et
en Grèce par exemple, les choses étaient claires.