Dans la tête d'un consultant en développement durable ...
Réflexions et interrogations sur les zones de rupture tranquille et notre désir d'avenir
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Written a day ago by cedric-erreroConsécutivement à la présence inopinée mais douloureuse depuis un mois de petits éclats de verre dans ma voûte plantaire, et surtout aux atroces piqûres préalables au curetage bistouri/pince de la dite voûte, je crois que je vais prendre les choses en main.
Pourtant j'adore marcher pieds nus dès que j'en ai l'occasion (mon côté Yannick Noah sans doute).
Mais bon. J'ai retenu la leçon.
Je sais ce que je vais demander à Noël. Ne vous inquiétez pas si je débarque chez vous avec.
(difficile d'arrêter le progrès)
Sinon, ça va. Le plus dur est fait.
(ah, vous en voulez de l'extime, vous en avez)
(sinon, quand on m'a annoncé quelques secondes avant que les piqûres allaient faire mal, j'ai pris ça zen, genre j'en ai vu d'autres, ce qui est vrai, alors qu'en fait, l'avertissement était largement insuffisant pour se préparer à la douleur, mais je ne sais pas s'il est techniquement possible à un médecin d'ajouter "horriblement" ou "atrocement" à son propos, ça fait pas très sérieux certes, mais bon, la surprise aurait été moindre, la désorganisation moins grande, je pensais avoir passé l'âge de hurler de douleur physique, en fait non, visiblement)
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Written on 07-Nov-2008 by cedric-erreroLisant et commentant régulièrement Mry (by Emery), il était difficile d'échapper à cette opération.
La succession de ses billets a fini par me convaincre d'aller jeter un coup d'oeil, d'autant plus que le capital sympathie de David Abiker est plutôt élevé par ici.
Alors ...
Gêné par ce que j'ai lu ou pas, il m'a paru inopportun de laisser un commentaire chez Mry, dont certains lecteurs sont parfois, comment le dire poliment, ah oui, peu enclins aux changements et aux discussions intelligibles.
Je profite donc de l'audience très sage de ce lieu (et de mon absence totale de pitié pour les trolls) pour débuter une discussion, qui aura lieu, ou pas, peu m'importe as usual. J'ai toutefois informé Mry de l'existence de ce billet, pour tout un tas de raisons (certaines pourraient s'avérer bonnes, la correction est la première d'entre elles).
Bref.
Plutôt sensible et sensibilisé aux différents sujets dont il est question avec et sous cet opération, j'ai quelques questions et remarques.
J'ai bien noté que cette fête de la couleur, le 20 novembre, était une première susceptible de se reproduire. Une répétition. Officiellement numéro zéro, préparant les 20 ans de la journée internationale des droits de l'enfant l'année prochaine.
Parfait, mon idée étant bien sûr de me pencher sur la durabilité d'une telle opération, pensée pour être durable a priori, la complaisance ne faisant pas partie des facteurs de durabilité, ou ne devant pas s'effacer devant les bons sentiments. ;)
Voilà pour le préambule.
L'opé :
On fête la couleur, on file des ronds à UNICEF France pour des écoles au Sénégal, ou les deux. On ne peut fêter que la couleur si ça nous chante. Ou filer des ronds tout court à UNICEF France. Qui mesure quoi, comment ? Pourquoi le Sénégal et une région particulière ?
Et une école par arrondissement sera le théâtre d'une séance de coloriage/photo. Quels critères de sélection des écoles ?
L'année prochaine on remet ça, pour les 20 ans. C'est certain, signé ? Y a un ROI attendu pour faire les numéros et 1, et 2 et 3 ?
Le dispositif (celui que j'ai vu) :
Un site. Pas fana de l'ergonomie, mais c'est mon problème après tout. Quelques propos agaçants ici ou là (1).
Un (excellent) blog tenu par David Abiker (qui écrit bien et a de l'esprit, c'est appréciable). Jusqu'au 20 novembre 2009 ?
Une bannière influenceur, pour copier/coller sur son blog ou site.
Mry et Delphine Desneiges en influenceurs (ça marche, non ?).
Un relais sur le site d'UNICEF France (si si, à droite, en bas ...).
Les parties prenantes :
La fondation Hermès est officiellement à l'origine du projet. OK.
Question bête : était-il plus efficace pour les projets soutenus de filer directement 100% des ronds investis pour la campagne à l'UNICEF ? Ou pas.
Si la dimension "entreprise citoyenne" (guillemets, sans hésiter) était essentielle à la réalisation du projet, admettons.
Etant professionnellement plutôt enclin au durable qu'à la philantropie (rarement durable), je ne juge pas malhonnête qu'Hermès espère un retour.
Mais lequel ?
L'agence qui propulse le projet :
Membre de la guilde des joyeux lurons de la com "responsable" (nous pourrions être amenés à en reparler, un papier de ma part a déjà circulé dans certaines agences analysant ces "pratiques" dans un secteur ô combien concurrentiel (2)).
Sont plutôt visibles car les seuls à pouvoir être contactés (à part D. Abiker, susceptible donc de recevoir des mails grâtinés).
Payés ? Par qui ? Pour quoi ? RP je crois comprendre.
L'Express :
Vendent des kits de colo-riages (made in où ça ?) dans leur numéro couvrant le 20 novembre. C'est quoi le montage financier ? Si ventes en plus, ça va où ? Christophe B. intervient sur le blog de D. Abiker.
Rien en page d'accueil de leur site internet (et la bannière les gars ?).
Abiker David :
J'aime beaucoup le blog. D. Abiker mouille sa chemise blanche, indéniablement.
Si j'avais plus de temps je me pencherais sur son karma blogosphérique, loin d'être nul.
Probablement payé (je l'espère en tout cas), sur quoi a-t-il cédé pour s'engager un peu lui aussi ? Ou alors c'est juste un boulot comme un autre ? ;)
Mry (et Delphine Desneiges) :
Payés ? Pas payés ? Si oui par qui ? Si payés aucun problème de principe pour moi.
Toujours ces questions aux réponses certainement simples néanmoins : donnent quoi ? Gagnent quoi ? Attendent quoi ?
Autres partenaires :
Nombreux. Les champagnes Roederer par exemple (rien sur leur site). La ville de Paris (rien sur leur site). Je sais pas trop ce qu'ils font tous là.
UNICEF France
Euh, il y a un peu de flou, puisqu'on peut lire à plusieurs reprises sur le dispositif "UNICEF et ses partenaires", alors qu'on sent bien en visitant le site d'UNICEF France que les priorités sont ailleurs (en effet), et que définitivement la fondation d'entreprise Hermès semble à l'origine de la chose.
Je ne sais pas ce qu'on leur a promis/vendu, en terme de récolte de dons ou pour l'année prochaine (les 20 ans). Sans objectifs, tu vas jamais très loin.
Il y a d'autres ONG qui se préoccupent des enfants et de leurs droits : éducation sans frontière, global movement for children, etc. Pourquoi UNICEF France ?
Je ne sais d'ailleurs pas si la fête de la couleur, vendue comme un truc internationalisant sur le site, est franco-française.
J'aimerai savoir si les 20 écoles parisiennes seront "connectées" aux écoles sénégalaises devant profiter de l'opération. Des échanges de prévus ?
Y aura-t-il dans le dispositif un suivi des travaux au Sénégal ?
Mes conclusions (qui n'engagent que moi)
Des points ont pu m'échapper (malheureusement, je n'ai pas que ça à faire). Globalement l'ensemble des questions que je me pose (et pose) devraient pouvoir très rapidement trouver une réponse simple. Il est trop facile de dire "bouhou les gens sont pas généreux" ou "mais attends chérie c'est évident, t'as qu'à cliquer" : les choses sont un peu plus compliquées. Non ?
Il ne s'agit pas de transparence (ce n'est pas un blog de la LCR ici). Mais de construction de confiance. Dans une perspective de durabilité.
Le système des fondations d'entreprise tel qu'il existe (légalement) en France fleure bon le XIXème siècle et son capitalisme paternaliste. Dommage, les compétences et business cases propres à Hermès sont dès lors difficiles à mobiliser. Un petit changement de loi serait le bienvenu.
Et la pudeur en matière d'engagements citoyens a fait long feu, sauf peut-être chez les bourgecathos© (clients d'Hermès, non ?).
Ce qui est vulgaire, pour être explicit lyrics, c'est de ne pas tout faire pour que ça marche et dure, fasse pas des petits, etc.
Le reste, en tête susceptibilités et usages séculaires, est du second ordre.
Tu ne vas jamais bien loin et longtemps rien qu'avec ton bon cœur m'sieur dame.
Etant souvent sollicité pour filer des ronds, comme beaucoup d'autres, ne serait-ce que dans le métro ou en bas de chez moi, je dois (malgré moi) choisir. Mon pouvoir d'achat n'est pas infini (je suis le premier à le regretter). C'est dit brutalement, mais la réalité est ainsi. Comment choisir ? Quelles sont les priorités globales/locales ? Etc. Rien n'est évident.
Absolument impensable de laisser ceux qui ont le budget com le plus élevé rafler tous les dons !
Ce qui serait chouette, au XXIème siècle, dans toute opé de ce genre, serait de savoir ce que gagnent/attendent/font/gagneront précisément toutes les parties prenantes engagées. Car sur le principe je suis OK pour fêter la couleur (je suis roux), mais ce n'est pas assez clair pour m'engager dans cette opération-là, telle qu'expliquée et présentée.
En relisant tout ce que je viens d'écrire, je sais que mes lecteurs habituels y verront, entre les lignes, des pensées plus virulentes que ce qui apparaît littéralement : oui, je pense en l'état que ça ressemble fortement à une opération de RP, sur le dos d'une ONG, de la misère dans le monde, et des enfants.
C'est exact, inexact, quelque part entre les deux, trop tard : c'est dans ma tête, c'est ça qui est important. Je fais l'hypothèse que je ne suis pas le seul. Ce qui est susceptible de nuire à la durabilité de l'action engagée ou d'autres, toujours selon moi.
J'suis open sur les commentaires (enfin, Hermès-bashing ou agence-bashing ou Abiker-bashing ou Mry-bashing, moins).
Je conçois tout à fait que cela puisse agacer, notamment les parties prenantes du projet. Mais je ne suis pas mal intentionné. Mille excuses si ça frotte un peu fort.
Il y a tout un tas de discussions qu'il serait bien d'avoir, de mon point de vue.
Et dans tous les cas, cela va sans dire, c'est de la faute d'Mry, l'influenceur. :)
Et à part critiquer ? ;)
En effet c'est insuffisant, trop franchouillard, pas du tout XXIème siècle. Proposer, donc.
Il existe tout un tas de difficultés en France, aussitôt qu'il s'agit de donner quelque chose. Notamment administrativement et fiscalement. Le pays des droits de l'homme est fort en gueule.
Et si je disais, par exemple, que je suis disposé à renoncer au paiement de 2 journées de travail dédiée à l'opération. Bien, pas bien ? Honnête, pas honnête ? Pertinent, pas pertinent ? Alléchant, pas alléchant ?
Il faudrait développer un peu : une offre de service, de 2 jours (pas de travail au black !). Mon salaire reversé à l'UNICEF, officiellement dans le cadre de l'opération fête de la couleur. Plus mes compétences mises à disposition du projet si estimées utiles (point important). Et bien évidemment les charges sociales correspondant à ces 2 journées payées à l'Etat (pas de black, on a dit).
Plein de problèmes arrivent : on me paye (qui ?) et je reverse personnellement mon salaire (sur lequel je serai imposé) ? Comment évaluer ces compétences ? Comment mesurer sans complaisance le ROI de ma contribution (qui augmente les charges du projets) ? Est-ce un modèle acceptable de contribution ? Etc.
Quelques questions plus ou moins de fond.
Cela donnerait, en plus de mes compétences si elles sont jugées pertinentes pour le projet (sinon, aucun intérêt, toujours vu du projet) et leur impact sur la durabilité du projet : 7% des 11000 euros nécessaires pour une école (charges déduites avec 2 journées coutant au total 1600 euros HT).
Qu'est-ce que je souhaiterais y gagner ? Je n'attends rien. Je suis un grand garçon.
Probono, pour UNICEF France, les 20 ans de la journée internationale des droits de l'enfant, les enfants, la durabilité de la chose.
Eventuellement, je connais quelques étudiant(e)s sénégalais(es) capables et désirant créer des ponts nord-sud (les études ... c'est cher, je vous préviens, et puis, s'agissant d'éducation, autant être cohérent, non ?).
Je sais par contre que je pourrais y gagner des choses, y compris professionnellement (on va pas faire les hypocrites), en fonction de mes résultats.
Et si par hasard j'avais dit tout ça, maladroitement peut-être, il me faudrait aller au bout du truc, et donner mon téléphone : 0614 191 463
Voilà.
XXIème siècle. Ou pas.
Peut-être que je prends des risques à écrire tout ceci. C'est la vie. :)
(1) Michel Ocelot, le parrain de l'opé, m'inflige un discours fort étrange format "Couleur > Noir" :
Je bosse souvent en noir. C'est comme ça. Beaucoup de gens bossent en noir. Primo ça me va au teint. Secundo, un consultant en management n'habitant pas Miami et bossant en blanc, en orange, que sais-je encore, passera pour un charlot. C'est la vie. Donc ce genre de propos m'horripilent : les gentils et joyeux africains et/ou indiens en couleur, les méchants et tristes occidentaux en tout sombre. Je pars en courant en lisant ce genre de propos. J'ai vu (revu, re-revu, re-re-revu, les enfants sont formidables) Kirikou, so what ?
(2) Je défends une vision (très) offensive de la durabilité : faire de la RSE, OK, mais pour piquer des parts de marché à ceux qui en font moins ou moins bien. Dans ce cadre, les confréries en tout genre ne m'intéressent pas, sinon pour mieux travailler sur l'avantage concurrentiel de ne pas y être.
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Written on 04-Nov-2008 by cedric-errero
Un peu le nez, la forme globale du visage. Et le nom, bien sûr.
Pour le reste, on peut parler d'évasion aussi de mon côté, mais rien de plus.
Parfois, des gens disent n'importe quoi.
Et il y a des femmes qui apprécient. Dingue.
Edit (puisqu'on en est aux comparaisons physiques douteuses) :
Dr Evil a perdu.